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Dans ses séries de photographies murales, Cyndi Schick travaille en noir et blanc la photo et la couleur sillonne la toile. Son thème : la ville, toutes les villes. Elle les façonne à son gré avec son objectif, gros plan frisant le macro-détail, plan rapproché, plan lointain, plongée, contre -plongée. Son réflexe créatif est : le puzzle ; le patchwork. Toutes ces vues sont assemblées dans un même espace, celui de la toile. Des extérieurs, de l’urbain à la découpe, au poids, perceptible signifiant. Un monde où l’on vit dehors, fouetté par l’air citadin et illuminé par l’incandescente lumière (diurne et nocturne. Une mécanique visuelle se crée, un dynamisme permanent dans le mouvement. On est ici et on est ailleurs … Chimère du don d’ubiquité … Ces villes ne deviennent qu’une, la sienne. Dans ce monde recomposé, elle y inscrit des repères universels pour ne pas s’y perdre, pour ne pas nous perdre. Une boussole rétinienne, un jeu de piste. ce pourrait être aussi la peinture qui nous guide dans sa propre fluidité. Introduction aussi de sculptures, une cohabitation qui donne une pesanteur subite en opposition avec le ciel, l’eau, la neige, légères comme une brise de printemps.
Dans toutes les compositions de Cyndi Schick, parmi les motifs, il y a du reconnaissable ou de l’inconnu (du plein ou du vide). Des Arcs (l’ouverture), des roues, des manèges, des parasols, les colonnes de Buren, des pommes, un escalier pris d’en haut, un motif toujours rond qui rappelle la focale de l’appareil-photo, donc l’œil de l’artiste. Toute une série d’écho, de redondance du dit-motif. Ainsi qu’une suggestion de bruits et de musique et parfois quelques indications de silence (l’escalier. Certaines images en noir et blanc nous rappellent des scènes de vieux films cultes, des lieux surtout, puisqu’il n’y a jamais personne ou alors, de loin, de très très loin. Des lieux que l’on a déjà vus et qui font partie de notre patrimoine visuel. Son travail : une balade à travers une vie la sienne, la vôtre en effervescence : toujours illuminée de toute part, été comme hiver, nuit et jour et ce d’une frontière à l’autre, d’une culture à l’autre. Agnès Boulakia ©
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