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Valérie Chain revisite les objets de notre quotidien, objets familiers qui nous sont chers et tendres. Objets de convivialité, de rondeur et de générosité. La matière est liquide ou l’appelle … Des verres pleins … du vin, du coca-cola, le lait immaculé du bol de notre enfance. L’artiste joue sur le plein qui doit se vider, et le vide qui convoque le plein. Elle fait un travail remarquable d’acuité visuelle sur la transparence du verre, d’une fragilité amnésique. L’objet est soit mis en scène, soit coupé mais garde toujours un aspect sacré et hiératique. Il est centré au sein de la toile. Il appelle à la gorgée, à l’oralité. Une soif suggérée, des lèvres qui se posent encore et encore, tant le goût de la chose liquide se déposant dans notre bouche est "offrande". Dans ses compositions, Valérie Chain utilise différents fonds. Quand elle peint sur du bois, elle laisse vivre la matière brute et joue sur le motif. Les fonds sont de temps en temps peints, ce qui donne l’impression que l’objet émerge d’un possible rien, surtout quand il est fragment. Quand le fond se fait collage, Valérie Chain nous fait voyager dans le temps et dans l’espace. Vieux emballages de papier-cigarettes, vieux papier de boulanger, des lettres au goût d’avant-hier. De très beaux papiers chinois avec lettres ou sans, assemblés avec sens ou sans, peu importe … Ses collages sont d’une présence assidue, mobiles en compétition presque avec l’objet surtout dans – "le verre de vin blanc" où elle utilise un papier froissé et le verre en devient lui-même froissé. Valérie Chain est une peintre de la couleur, elle en joue, elle les distribue, une couleur franche, crue qui n’a pas peur de se montrer nue, avec élégance, couvertes de ses plus beaux pigments. Agnès Boulakia ©
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